Maladie de Crohn et carences vitaminiques : le rôle clé de la vitaminothérapie
- Farah Chibani
- 22 sept. 2025
- 2 min de lecture

Crohn : une maladie inflammatoire qui perturbe l’absorption
La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) qui touche surtout l’iléon et le côlon.Elle se caractérise par :
une inflammation chronique de la paroi intestinale,
des poussées alternant avec des périodes de rémission,
des complications possibles : sténoses, fistules, chirurgie.
L’un des enjeux majeurs de Crohn : la malabsorption des nutriments et donc les carences.
Pourquoi Crohn entraîne des carences vitaminiques ?
Inflammation chronique → muqueuse endommagée, surface d’absorption réduite.
Atteinte de l’iléon terminal → zone clé pour l’absorption de la vitamine B12 et des sels biliaires (donc impact sur vitamines liposolubles A, D, E, K).
Chirurgies digestives (résection iléale) → suppression définitive de la zone d’absorption.
Traitements prolongés (corticoïdes, immunosuppresseurs) → effet secondaire sur l’équilibre nutritionnel.
Diarrhées chroniques → pertes accrues de minéraux (zinc, magnésium, potassium).
Les carences fréquentes dans Crohn
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B12 : carence quasi systématique si atteinte/résection de l’iléon → anémie, fatigue, troubles neurologiques.
Acide folique (B9) : souvent réduit par certains médicaments (méthotrexate, sulfasalazine).
Vitamine C : déficit fréquent par alimentation appauvrie en fruits/légumes.
Vitamines liposolubles
Vitamine D : très fréquente → fragilité osseuse, immunité réduite.
Vitamine K : déficit possible → troubles de la coagulation.
Vitamine A et E : moins fréquentes mais possibles → atteintes visuelles, cutanées, neurologiques.
Minéraux
Fer : anémie ferriprive (par saignements et mauvaise absorption).
Calcium et magnésium : aggravés par les corticoïdes → ostéoporose.
Zinc : perte par diarrhée → fragilité immunitaire, chute de cheveux.
Données scientifiques et recommandations
L’OMS souligne que les carences en fer, B12 et D sont particulièrement préoccupantes chez les patients atteints de MICI (OMS, Micronutrient deficiencies, 2023).
Une étude dans Inflammatory Bowel Diseases (2015) montre que jusqu’à 70 % des patients Crohn présentent une carence en vitamine D, et 30–40 % une carence en B12.
Les recommandations européennes (ECCO, 2020) insistent sur le suivi biologique régulier (B12, D, fer, zinc) et une supplémentation adaptée.
Perfusion de vitamines : une option adaptée à Crohn
Dans Crohn, les suppléments oraux peuvent être inefficaces, surtout si l’atteinte concerne l’iléon ou après chirurgie.
La vitaminothérapie intraveineuse est alors une solution logique et efficace :
Contourne la malabsorption intestinale.
Permet une correction rapide des carences sévères (B12, D, fer, zinc).
Réduit le risque de complications à long terme (anémie, ostéoporose, atteintes neurologiques).
En médecine fonctionnelle et prédictive, ces perfusions permettent non seulement de traiter la carence, mais aussi de prévenir les rechutes liées à la fragilité nutritionnelle.
À retenir
La maladie de Crohn fragilise l’absorption intestinale → carences multiples et parfois sévères.
Les plus fréquentes concernent la vitamine B12, la vitamine D, le fer, le calcium et le zinc.
Un suivi biologique régulier est indispensable.
La perfusion de vitamines et minéraux est une approche moderne, sécurisée et efficace pour restaurer l’équilibre nutritionnel et soutenir la qualité de vie des patients Crohn.



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